Fruit (nom masculin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom masculin 

I.
X e siècle. Issu du latin fructus, « revenu, profit ; produits de la terre, des arbres, d'un animal », puis « enfant », dérivé de frui, « avoir la jouissance de ».

I. Organe des plantes phanérogames, qui se développe après la fécondation à l'emplacement de la fleur et qui contient les graines nécessaires à la reproduction. Le gland est le du chêne, la faine le du hêtre. Fruit simple, qui provient du développement d'un ovaire unique. La cerise est un simple. Fruit composé, qui provient du développement de plusieurs ovaires indépendants. L'ananas est un composé. Faux , qui provient du développement des parties florales autres que l'ovaire. La fraise est un faux . Fruit charnu, pourvu d'une pulpe. Les baies sont des s charnus. Fruit à noyau, à pépins. Fruit sec, dépourvu de pulpe. La noisette est un sec. ( Fruit sec se dit également des s qu'on a fait sécher pour les conserver.) Désigne plus couramment les produits comestibles de certains végétaux, de saveur généralement douce et sucrée. Fruit vert, mûr. La cueillette des s. Marchand de s et légumes. Fruits de saison. Fruits rouges, les fraises, framboises, cerises et groseilles. Fruits exotiques. Fruit de la Passion, nom usuel du de la grenadille. Une corbeille de s. Salade de s. Fruits rafraîchis, coupés en morceaux et parfois arrosés d'alcool. Des s à l'eau-de-vie, conservés dans l'alcool. Fruits confits. Pâte de s, mélange de pulpe de s et de sucre, moulé après cuisson. Fruits déguisés, voir . Jus de . Alcool de , par opposition aux alcools tirés de grains ou de vins. Au singulier et dans un sens collectif. Anciennt. Ce qu'on sert au dernier service d'un repas ; dessert. Servir le . Par anal. Au pluriel. Fruits de mer, crustacés et coquillages comestibles. Un plateau de s de mer. Expr. fig. Le ver est dans le , se dit lorsqu'un principe destructeur, sans se manifester encore, est déjà présent dans quelque chose. Loc. fam. Fruit sec, personne qui échoue à obtenir un titre au terme de ses études et, par ext., personne qui déçoit les espoirs mis en elle. Fruit vert, très jeune fille. Expr. proverbiales. Couper l'arbre pour avoir le . C'est au qu'on connaît l'arbre. (Voir Arbre. ) . Le défendu, le de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, que Dieu avait défendu à Adam et Ève de manger. Fig. L'attrait du défendu, pour exprimer que l'interdit qui pèse sur un acte peut aviver le désir de le commettre.

II. Produit, résultat.
1. Profit matériel que l'on retire de son activité, de son travail. Se nourrir des s de la chasse et de la pêche. Vivre du de ses travaux, de son industrie. Il jouit enfin du de son labeur.
2. . Au pluriel. Revenus ou profits provenant de biens ou de capitaux. Avoir l'usage des s d'une terre. Percevoir les s d'un fonds, d'une charge. Les s d'un immeuble, d'une rente. Fruits naturels, productions spontanées d'une terre, d'un fonds, comme le foin, le bois, etc. Fruits industriels, produits qu'un bien fournit grâce au travail de l'homme. Fruits civils, les revenus des loyers, les arrérages de rentes, etc. Usufruit, usufruitier, voir ces mots.
3. Fig. Profit intellectuel ou moral, avantage qu'on retire d'une action, d'une entreprise. Je n'ai tiré aucun de cette affaire. Travailler avec . Lire un ouvrage avec . Par ext. Résultat, effet heureux ou malheureux d'une cause quelconque. Cette politique portera bientôt ses s. Les s amers de la défaite. Voici le de mes réflexions. Cette découverte fut le du hasard.
4. Litt. Se dit des enfants, par rapport au père ou à la mère. Il est le seul de leur union. Le d'un amour illégitime, un enfant naturel. Expression tirée de l'Écriture sainte. Le de vos entrailles.


1ère signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

Production des végétaux qui succède à la fleur et qui sert à leur reproduction. "Le du noyer, du chêne, de l'orme, du frêne, etc." Il se dit aussi de ces Sortes de productions qui servent à la nourriture de l'homme. "Fruit vert. Fruit mûr. Fruit sec. Fruit précoce. Fruit hâtif. Fruit tardif. Fruit à noyau. Fruit à pépin. Fruit gâté, pourri. Cet arbre porte de bon . Cueillir du . Cueillir le en sa saison. Les s de la saison. Une corbeille de s. Fruit de l'arrière- saison. Il ne vit presque que de s. Conserver des s. Fruits secs. Fruits à l'eau-de-vie. Avoir un goût de . Sentir son . Fruits d'été, s d'automne, s d'hiver. On adresse des prières à Dieu pour la conservation des s de la terre."
Fig., "On connaît l'arbre à son , par son ," On connaît les personnes à leurs oeuvres et les choses à leurs résultats.
Fig. et fam., "Le défendu," se dit par allusion à la désobéissance du premier homme. "L'attrait du défendu," Le penchant que nous avons à désirer ce qui nous est défendu.
Fig. et fam., "Fruit sec," se dit des Jeunes gens qui, au terme d'études mal faites, et dont ils n'ont tiré nul profit, ont échoué aux épreuves finales, aux examens de sortie.
FRUIT désigne aussi le Dessert, tout ce qu'on sert au dernier service de table, après les viandes et entremets; et, dans ce sens, il n'a point de pluriel. "Servir le . Il en est au fruit." Dans ce sens, il vieillit.
Il se dit, en termes de Jurisprudence, des Produits, des revenus d'une terre, d'un immeuble, d'un fonds quelconque, d'une charge. "Avoir l'usage des s d'une terre. Percevoir" "les s. C'est une maxime de droit, que tout possesseur de bonne foi fait les s siens. Rendre compte des s. Restitution de s. Les s échus. Les s, profits et émoluments d'une charge."
"Fruits naturels," Les productions spontanées d'une terre, d'un fonds, comme le foin, le bois, le croît des animaux. "Fruits industriels," Les productions qu'on obtient par la culture, comme le blé, le vin, etc. "Fruits civils," Le loyer des maisons, les baux à ferme, les intérêts des sommes exigibles, etc.
"Fruits pendants par les racines, par racines," Les blés, les raisins, et généralement tous les fruits, lorsqu'ils sont encore sur pied. "Les s pendants par les racines font partie du fonds. On ne peut saisir les s pendants par racine qu'après telle époque."
Il se dit, par extension, de l'Enfant qu'une femme porte dans ses flancs, ou qu'elle vient de mettre au monde. Dans ce sens, il n'a point de pluriel. "Dès qu'une femme s'est délivrée de son ." On dit de même, en parlant d'une Mère, "Le de ses entrailles."
Il se dit aussi, dans le style élevé, des Enfants déjà nés, et dans ce sens il reçoit le pluriel. "Il est le seul de leur union. Le d'un amour illégitime. Les s de cet hymen."
Il signifie encore figurément utilité, profit, avantage qu'on retire de quelque chose. "Je n'ai tiré aucun de cette affaire. Je n'en ai point encore recueilli le . J'en ai perdu tout le . Beaucoup de peine et peu de . Le de ses travaux, de ses veilles. Travailler avec . Lire un ouvrage avec ." On dit, au pluriel, dans un sens analogue, "Les s d'un travail, d'une industrie, etc."
Il signifie également Effet, résultat d'une cause, soit bonne, soit mauvaise. "C'est un de votre piété. C'est un de vos soins. Les s de l'expérience. Les grandes découvertes sont le d'une longue patience. Ces mesures imprudentes ne tardèrent pas à porter leur ."



2ème signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 


Maçonnerie
Diminution d'épaisseur qu'on donne à une muraille à mesure qu'on l'élève.



1ère définition d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Produit des végétaux qui provient de l'évolution de la fleur et qui contient les graines. Fruit pulpeux. Fruit sec, qui n'a point de pulpe.
BOSSUET: « Pendant l'hiver, l'arbre mort et l'arbre vivant paraissent égaux ; ils sont tous deux sans s et sans feuilles »
    Terme de botanique. Tout ovaire fécondé et accru.
    Fruit multiple (syncarpe de quelques auteurs), le résultant de plusieurs ovaires qui, renfermés dans une même fleur, mais distincts avant la fécondation, sont soudés à leur maturité.

 2   Il se dit particulièrement des productions des arbres iers. Fruit à noyau. Des s juteux.
FLEURY: « Il en est de même de la plupart de nos s ; leurs noms montrent encore qu'ils nous viennent d'Asie et d'Afrique »
RAC.: « Il fait naître et mûrir les s ; Il leur dispense avec mesure Et la chaleur des jours et la fraîcheur des nuits »
BUFF.: « Des s d'une couleur vermeille descendaient en forme de grappe à la portée de ma main »
BONNET: « M. Hales, dans sa Statique des végétaux, rapporte plusieurs expériences qu'il a tentées pour essayer de changer le goût naturel des s, et leur communiquer celui de quelques liqueurs spiritueuses et de diverses infusions odoriférantes »
DUCIS: « Je te donne des s, une tente, un chameau ; Voilà tous mes trésors, c'est là notre richesse »
C. DELAV.: « Les s se sèchent-ils sur nos lèvres arides ? »
LAMART.: « Alors qu'entre la vie et la mort incertaine, Comme un par son poids détaché du rameau, Notre âme est suspendue et tremble à chaque haleine Sur la nuit du tombeau »
    Fruits d'été, s d'automne, s d'hiver, les s qui se mangent en été, en automne, en hiver.
    Fruits rouges, les fraises, framboises, cerises, groseilles.
    Les quatre s, nom qu'on donne à des s qu'on mélange ordinairement pour les servir. Quatre s rouges, les fraises, les cerises, les groseilles et les framboises. Quatre s jaunes, l'orange, le citron, la bigarade et le cédrat.
    Terme de pharmacie. Les quatre s, les dattes privées de noyaux, les jujubes, les figues, et les raisins ou les pruneaux secs ; on en fait une tisane pectorale.
    Fruits légumiers, nom donné aux melons, aubergines, tomates, courges, etc.
    Fruits sauvages ou des forêts, les glands, faînes, châtaignes, etc.
    Mettre à , tailler un arbre de manière qu'il rapporte du .
BONNET: « Les cultivateurs savent assez que, pour mettre à un arbre trop vigoureux, il ne faut que l'affaiblir, et il est plus d'un moyen de procurer cet affaiblissement »
    Fruit à pain, du jacquier cultivé.
    Fruits d'or, les s d'un jaune d'or.
DESFONTAINES: « Vois sous tant de s d'or ces orangers plier »
    Fig.
BOSSUET: « La mort, ennemie des s que nous promettait la princesse, les a ravagés dans la fleur »
FLÉCH.: « De peur de s'amollir par la tendresse [auprès du dauphin, fils de Louis XIV], il emprunta l'autorité du roi ; de peur de rebuter par l'austérité des préceptes, il prit les entrailles du père ; et par ce juste tempérament il avançait en lui les s de la raison et corrigeait les défauts de l'âge »
    Le défendu, le auquel Dieu avait défendu dans le paradis terrestre qu'Adam et ève touchassent.
BOSSUET: « Il [saint Grégoire de Nazianze] dit que nous avons goûté en Adam le défendu ; qu'en lui nous avons violé la loi de Dieu, et qu'aussi nous avons été chassés en lui du paradis »
    Fig. Le défendu, ce qu'on ne peut désirer que témérairement ou indûment, et qu'on désire précisément parce qu'on en est privé. On a du goût pour le défendu.
    Fig. C'est du nouveau, c'est une chose nouvelle, inattendue.
REGNARD: « Voilà du nouveau ; quel démon favorable Vous rend l'accueil si doux et l'humeur si traitable ? »
    Fig. C'est du nouveau de vous voir, se dit familièrement à une personne qu'il y a longtemps qu'on n'a vue.
BOISSY: « Voici milord Houzey votre frère, c'est du nouveau »
    Fruits secs, s que l'on fait sécher et que l'on conserve.
    Fig. Fruit sec, expression servant à désigner des jeunes gens qui n'ont pas satisfait complétement aux examens de sortie d'une école fournissant des sujets pour les services publics. Ce maréchal des logis d'artillerie est un sec de l'école polytechnique ; et son cousin sergent d'infanterie était un sec de Saint-Cyr.
LEGOARANT: « Ce capitaine au long cours est un sec de l'école navale. Cette appellation vient de l'école polytechnique, où un jeune homme de Tours qui travaillait peu fut interpellé par ses camarades pour savoir quelles étaient ses intentions s'il n'était pas classé. Il répondit : ' Je ferai comme mon père le commerce des s secs. ' Et en effet, ce fut son lot »

 3   Le dessert, tout ce qu'on sert au dernier service de table, après les viandes et les entremets. Servir le .
     Journal de la santé du roi [Louis XIV], p. 289: Il mangea à son beaucoup de raisin muscat
LA BRUY.: « Il se lève avant le et prend congé de la compagnie »
FÉN.: « Vous gronderez mal à propos un serviteur, si vous voulez qu'il ait dressé un plus promptement qu'il n'est possible »
DANCOURT: « Qu'on mette au bas de chaque lettre par apostille que le rôt sera de chez la Guerbois, le vin de Darboulin, le de la rue des Lombards »
VOLT.: « Il n'importe pas que le czar se soit enivré et qu'il ait coupé quelques têtes au , il importe de connaître un pays qui a vaincu les Suédois et les Turcs »
    En cet emploi, il n'a point de pluriel.
    Fruit monté, de dessert décoré avec des cristaux, des figures de sucre, etc.

 4   Au plur. Les productions de la terre, les récoltes. Les s de la terre.
ROLLIN: « De quelque détour que l'on se serve pour convertir l'argent en denrées ou les denrées en argent, il faut toujours que tout revienne aux s de la terre et aux animaux qu'elle nourrit »
FLEURY: « On voit partout dans Homère des rois et des princes vivant des s de leurs terres et de leurs troupeaux »
    Fruits pendants par les racines, par racines, les blés, et généralement tous les s lorsqu'ils sont encore sur pied. Fruits pendants par branches, les s non encore détachés de l'arbre. Les s naturels et industriels, pendants par branches et par racines au moment où l'usu est ouvert, appartiennent à l'usufruitier, Code Napol. art. 585.
    Fig.
FÉN.: « Ici [dans l'île de Cypre] la terre ne porte pour que du poison, l'air qu'on respire est empesté »

 5   Terme de jurisprudence. Les produits, les revenus d'une terre, d'un fonds, d'une charge. Avoir l'usage des s d'une terre. Les s et émoluments d'une charge.
    Fruits naturels, les productions spontanées d'un fonds, comme le foin, le bois, le croît des animaux.
    Fruits industriels, ceux qu'on obtient par la culture, comme le blé, le vin.
    Fruits civils, les loyers et revenus, les intérêts d'un fonds.

 6   Par assimilation, l'enfant par rapport à sa mère, quand il est encore dans le sein maternel ou qu'il vient de naître (emploi dans lequel il n'a pas de pluriel).
CORN.: « Elle porte en ses flancs un de cet amour »
SACI: « Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et le de vos entrailles est béni »
ROLLIN: « La veuve lui envoya dire sous main que, s'il voulait lui promettre de l'épouser quand il serait roi, elle ferait périr son »
    Détruire, défaire son , se faire avorter.
    L'enfant déjà né, par rapport au père et à la mère ; en cet emploi il reçoit le pluriel.
BOILEAU: « Enghien, de son hymen [de Condé] le seul et digne »
BOILEAU: « [Ces femmes qui] prenant en dégoût les s nés de leurs flancs »
RAC.: « Je vis moi-même alors le de leurs amours »
RAC.: « Rome.... ne reconnaît point les s illégitimes Qui naissent d'un hymen contraire à ses maximes »
RAC.: « N'êtes-vous pas ici sur la montagne sainte Où le père des Juifs [Abraham] sur son fils innocent Leva sans murmurer un bras obéissant, Et mit sur un bûcher ce de sa vieillesse ? »
VOLT.: « Hélas ! ce dernier de leur foi conjugale.... »
LAMART.: « C'est alors que ma paupière Vous vit pâlir et mourir, Tendres s qu'à la lumière Dieu n'a pas laissés mûrir ! »
    Fig.
BOILEAU: « Allez, partez, mes vers, dernier de ma veine »

 7   Fig. Avantage, profit.
VOIT.: « Aussi bien quand je serais aussi éloquent que vous dites, je n'en voudrais pas tirer de plus grand que de gagner en votre âme la place que je connais par là que j'y ai déjà »
CORN.: « Voyez quel prompt remède on y peut apporter, Et quel nous aurons de la violenter »
CORN.: « Votre sévérité, sans produire aucun , Seigneur, jusqu'à présent a fait beaucoup de bruit »
CORN.: « Quelque que par là j'espère de cueillir »
CORN.: « Mais quel pensez-vous en pouvoir recueillir ? »
LA FONT.: « Car, au nom des dieux, je vous prie Quel de ce labeur pensez-vous recueillir ? »
MOL.: « Quelque bien de mon père et le de mes peines »
MOL.: « J'ai peur que son voyage en cette ville ne produise peu de »
MOL.: « Je lui laisse la liberté de jouir, durant quelques jours, du de son bienfait »
RAC.: « Ai-je enfin disposé du de leurs exploits ? »
RAC.: « Quel te promets-tu de ta coupable audace ? »
RAC.: « Voici le temps, seigneur, où vous devez attendre Le de tant de sang qu'ils [les Romains] vous ont vu répandre »
RAC.: « Laisse-moi des périls dont j'attends tout le »
RAC.: « Contre tous les poisons soigneux de me défendre, J'ai perdu tout le que j'en pouvais attendre »
RAC.: « Pour tout le enfin d'une illustre victoire.... Je ne lui demandais que l'honneur d'être à vous »
RAC.: « Hélas ! du crime affreux dont la honte me suit, Jamais mon triste coeur n'a recueilli le »
FÉN.: « Souvent on tire plus de de ses fautes que de ses belles actions »
VOLT.: « A-t-il gardé pour lui le de ses conquêtes ? »
VOLT.: « Il fut difficile alors de décider lequel avait acquis le plus d'honneur, ou de Condé victorieux, ou de Turenne qui lui avait arraché le de sa victoire »
    On dit, au pluriel, dans un sens analogue, les s d'un travail, d'une industrie.
BOSSUET: « On commence à goûter ici les s de la paix »
    Sans , inutilement.
ROTR.: « Pour ne pas souffrir qu'il me soit reproché Qu'un soldat indigent m'ait sans approché »
BOILEAU: « N'allez pas sur des vers sans vous consumer »
RAC.: « Souffrez-vous que sans Joad laisse égorger Vous, son fils, tout ce peuple ? »
RAC.: « Je lui laissai sans consumer sa tendresse »
    Avec , utilement. Il a lu avec les auteurs classiques.

 8   Le résultat, l'effet de quelque chose, en bien ou en mal.
CORN.: « Quoi ! vous voulez quitter le de tant de peines ! »
BOSSUET: « Sa modération durant quarante années était le d'une sagesse consommée »
BOSSUET: « La conversion du monde était le de sa croix [de Jésus] »
BOSSUET: « Écoutons saint Paul, qui nous en marque [de l'orgueil] les s par ces paroles : les s de la chair, dit-il, et sous ce nom il comprend l'orgueil, sont les inimitiés, les disputes.... »
BOSSUET: « Un des s qu'elle produisit fut la servitude où tomba l'Église »
RAC.: « Et peut-être pour d'un téméraire amour Exposer votre nom au mépris de sa cour »
RAC.: « Et les arrêts du sort Veulent que ce bonheur soit un de ma mort »
RAC.: « Les soupçons importuns Sont d'un second hymen les s les plus communs »
VOLT.: « Le des guerres civiles de Rome a été l'esclavage, et celui des troubles d'Angleterre la liberté »
VOLT.: « Qu'on cesse de livrer aux flammes, au pillage, Ces archives de lois, ce vaste amas d'écrits, Tous ces s du génie, objets de vos mépris »

 9   Dans le langage de l'Église, effets avantageux obtenus par la pénitence, par les exhortations, les prédications, etc.
PASC.: « Il crut que je pourrais faire en écrivant »
BOSSUET: « Pourquoi m'arrêter, messieurs, à vous raconter le qu'il a fait dans la ville de Thessalonique ? »
BOSSUET: « Dieu leur fera sentir du de la conduite épiscopale »
BOSSUET: « Le renfort qu'il envoya [en Angleterre] produisit de nouveaux s »
BOSSUET: « Le grand que faisait parmi les gentils la prédication de l'Évangile »
MASS.: « Des ministres plus saints, plus habiles et plus capables de faire du »

 10   Terme d'architecture. Fruits, les ornements de sculpture qui représentent des s naturels.

HISTORIQUE
    XIIIème siècle
     Partonopeus, ms. de St-Germ. f° 126, dans LACURNE: Li chien i vienent à grant bruit, Qui du sanglier veulent le
     Berte, XXXVI: La royne qui pois [puis] porta le noble [le noble enfant]
BEAUMANOIR: « Et dusques à tant que le [la] terre voz sera assise et que vous en serez en le [la] saizine, puis-je fere les fruis miens, comme de mon heritage »
GUI DE CAMBRAI: « Pais, pascienche, carités, Joie, fois et humilités, Bontés, aumosnes, penitenche, Sens, douchours [douceur], pités et scienche, Chou [ce] est li fruis selon la letre Ki l'ame puet en gloire metre »
    XVème siècle
MONSTREL.: « Pourquoi je vous prie que laissions telles paroles qui ne peuvent porter »
EUST. DESCH.: « On est amé tant qu'on fait [qu'on est utile] »
EUST. DESCH.: « Il y a trois fois trop de gens Qui happent le et la fleur »
VILLON: « Tant garde-on fruict qu'il se pourrist »
     Perceforest, t. I, f° 74: On voit souvent issir de belle fleur crochu, et, affin que vous sachez pour quoy et par quelle raison ma mere, qui si très belle estoit, apporta si bossu....
     ib. t. I, f° 32: Pour ce dist le sage : le bon vient de bonne ente, et ainsi du contraire
     ib. t. VI, f° 88: Qui desire le , à peu d'occasion il jette l'oeil
    XVIème siècle
     Nouv. coust. gén. t. II, p. 194: Exiger dismes de bois, foins, herbes et toutes grosses bestes à cornes, moutons, brebis, agneaux, laines, pourceaux, veaux, oisons et autres semblables fruicts
MONT.: « C'est merveille du fruict que chascun y faict »
MONT.: « Ils mangeoient, comme nous, le fruict à l'issue de la table »

ÉTYMOLOGIE
    Berry, fru, frut ; bourguign. fru ; provenç. frug, frut ; catal. fruyt ; espagn. fruto ; ital. frutto ; du lat. fructus, , de frui, jouir.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE 1. FRUIT. Ajoutez :

 11   Fruits en grains, s chargés sans emballage dans les bateaux.
     Journ. offic. 20 oct. 1875, p. 8764, 1re col.: Ces s vont arriver [au Mail à Paris] dans quelques jours, les uns jetés pêle-mêle et sans aucun emballage dans des bateaux qui en contiennent chacun de six à dix mille kilogrammes ; c'est ce qu'on appelle les s en grains ; les autres, soigneusement empaquetés dans des paniers que se disputeront tous les restaurateurs de Paris

 12   Fruits de mer (de l'ital. frutti di mare), nom donné aux oursins, moules et autres coquillages que l'on vend au tas, à Naples et ailleurs.
TH. GAUTIER: « Puis nous allions déjeuner à l'île Saint-Georges avec des rougets de l'Adriatique, des s de mer, du raisin et un pot de vin de Chypre »


2ème définition d'Emile Littré

Subst. masculin 


Terme de maçonnerie. Inclinaison donnée à la face antérieure d'un mur, qui, à mesure qu'il s'élève, et pour en diminuer l'épaisseur, s'éloigne constamment du plan vertical mené par sa base. Le de ce mur est d'un centimètre par mètre. C'est pour la plus grande solidité qu'on donne du aux murs. Un mur à plomb n'a point de , parce qu'il n'a pas d'inclinaison.
    On a dit aussi frit, RICHELET.

ÉTYMOLOGIE
    Il est vraisemblable que la forme primitive est frit, qu'une vicieuse assimilation a rapproché de . On trouve des localités dites pierre-frite, qui présentent des encorbellements naturels, des tables saillantes formées par la roche usée ; c'est encore le mot frit dans un sens voisin de celui des maçons. On peut supposer que frit est congénère de frayer, user, et vient comme lui du latin fricare, user.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE 2. FRUIT. - ÉTYM. En faveur de l'assimilation du de la maçonnerie avec frit, on peut rappeler que laichefruitte a été dit pour ce que nous nommons aujourd'hui lèchefrite (voy. ce mot à l'historique)


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


Production des végétaux qui succède à la fleur, et qui sert a leur propagation. "Fruit sec. Fruit pulpeux. Fruit capsulaire. L'enveloppe d'un . Les s d'un grand nombre de plantes servent à la nourriture des hommes ou à celle des animaux. Le de la balsamine. Le du noyer, du chêne, de l'orme, du frêne, etc. La citrouille est le d'une plante herbacée."
Il se dit, particulièrement, Des s charnus ou pulpeux qui viennent la plupart sur des arbres ou sur des arbrisseaux, tels que les poires, les pommes, les prunes, les cerises, etc. "Fruit nouveau. Fruit noué. Fruit vert. Fruit mûr. Fruit précoce. Fruit hâtif. Fruit tardif. Fruit à noyau. Fruit à pepin. Fruit gâté, pourri. Cet arbre porte, rapporte de bon . Cueillir du . Cueillir le en sa saison. On connaît l'arbre par le , à son . Les s de la saison. Une corbeille de s. Fruit de l'arrière-saison. Manger du . Aimer le . Il ne vit presque que de s. Conserver des s. Fruits secs. Fruits à l'eau-de-vie."
"Fruits d'été, s d'automne, s d'hiver," Les s qui se mangent en été, en automne, en hiver. "Fruits rouges," Les petits s de cette couleur qui viennent au printemps et en été, comme fraises, framboises, cerises, groseilles.
Fig. et fam., "Le défendu," se dit par allusion à la désobéissance du premier homme. "On a du goût pour le défendu," Nous avons du penchant à désirer ce qui nous est défendu.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi, Le dessert, tout ce qu'on sert au dernier service de table, après les viandes et entremets; et, dans ce sens, il n'a point de pluriel. "Servir le . On en est au . Le était beau."
"Fruit monté," Fruit décoré avec des cristaux, des figures de sucre ou de porcelaine, posées sur un ou plusieurs plateaux.



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit, par extension, de L'enfant qu'une femme porte dans ses flancs, ou qu'elle vient de mettre au monde. Dans ce sens, il n'a point de pluriel. "Une femme est obligée d'avoir soin de son , de conserver son . Dès qu'une femme s'est délivrée de son . On condamne à mort une femme qui fait périr son , qui détruit, qui défait son ."
Il se dit aussi, dans le style élevé, Des enfants déjà nés; et dans ce sens il reçoit le pluriel. "Il est le seul de leur union. Le d'un amour illégitime. Les s de cet hymen."



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie encore figurément, Utilité, profit, avantage qu'on retire de quelque chose. "Je n'ai tiré aucun de cette affaire. Je n'en ai point encore recueilli le . J'en ai perdu tout le . Il en revient un grand . Beaucoup de peine et peu de . Le de ses travaux, de ses veilles. Cet écolier a tiré en peu de temps un grand de ses études. Travailler avec . Travailler sans . Lire un ouvrage avec ." On dit, au pluriel, dans un sens analogue, "Les s d'un travail, d'une industrie, etc."
Il signifie également, L'effet, le résultat d'une cause, soit bonne, soit mauvaise. "C'est un de votre piété. C'est un de vos soins. Ses infirmités sont le de la guerre. La tranquillité d'esprit est un de la bonne conscience. La honte et le repentir sont les s ordinaires des mauvaises actions. Les grandes découvertes sont le d'une longue application. Ces mesures imprudentes ne tardèrent pas à porter leur ."
"Faire du ," Produire des effets avantageux par des exhortations, par de bons exemples. "Ce missionnaire a fait un grand dans cette ville. Cet évêque a fait beaucoup de dans son diocèse." Cette phrase vieillit.



5ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


T. de Maçonnerie. Il se dit de La retraite ou diminution d'épaisseur qu'on donne à une muraille à mesure qu'on l'élève. "Donner du à une muraille. Il ne faut pas élever le mur tout à fait à plomb, il faut lui donner un peu de , il faut qu'il ait un peu de ."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. masculin 

["Frui": on ne prononce point le "t" final.] Au propre, production des arbres et des plantes. '"Les s de" la terre; "les s de" la saison. = Il se dit plus particulièrement et absolument des arbres. 'Il aime "le ", il ne vit que "de ". '"Fruits d'"été, "d' "automne, "d' "hiver, etc. = "Fruit", dessert. 'Servez "le ". 'On en étoit "au ", quand il est arrivé. Voy. DESSERT. = "Fruits", au pluriel, se dit des revenus d'une terre, d'un bénéfice, d'une charge. = Par extension et par métaphore, on apèle "fruit", l'enfant qu'une femme enceinte porte dans son sein, ou qu'elle vient de mettre au monde. 'Une femme est obligée de conserver "son ". 'Elle s'est délivrée de "son ". En Droit, on apèle "fruits", les revenus d'un bénéfice. 'Pouvoit-il, sans choquer la raison et la pudeur, s'apliquer tous "les s", et refuser la pension? "Cochin".
   Au "figuré", on dit "fruit", pour "utilité", "profit", "avantage" qu'on retire de quelque chose. '"Le de" ses travaux, "de" ses veilles, "de" ses études. * Anciènement, on disait, "tirer ": Aujourd'hui, on dit, "du ". 'Pour "tirer " (du ) de ce saint exercice, etc. 'Je n'ai "tiré" aucun " de" toutes mes peines. On dit aussi "retirer le ". 'Saladin, qui devoit "en retirer" tout "le ", (de cette expédition) fut le seul qui refusa d'accompagner son oncle. "Marin", Hist. de Saladin. = "Faire du ", produire des éfets avantageux pour le salut des ames. 'Ce Prédicateur "fait du ". 'Cette Mission "a fait un grand ", ou "beaucoup de " dans cette ville. = C'est aussi, "figurément", l'éfet bon ou mauvais d'une cause. 'C'est "le de" sa piété, "de" ses soins. 'La honte et le repentir sont "les s" ordinaires "des" passions.




Emplacement dans le dictionnaire :

froussard
frousse
fructifier
fructueusement
fructueux
frugal
frugalement
frugalité
frugivore

fruité
fruitier
fruitif
fruits
frumentaire
fruste
frustration
frustratoire
frustre
frustrer
fuchsia




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Jean MORÉAS (Les Stances)

...grâce de ta ligne qui courbe tes sommets, et d'écouter le ciel, certes, j'étais plus digne que je ne fus jamais. ô héros, sur tes flancs la mort du jour imprime le plus clair orient, car, comme un fruit pressé, l'âme sur toi s'exprime du rubis souriant. Et pourtant, ce n'est pas la joie insidieuse d'une aimable couleur qui me rattache à toi, mais l'ombre pluvieuse qui te vêt de malheur : c'est par...


Citation n°2 de Jean MORÉAS (Les Stances)

...LIVRE (IV) La lune sur le sol découpe la figure des tilleuls ; à l'écart je vais, et je rejette au loin, de ma nature la plus commune part. Je sens mon rêve ici croître sans violence comme mûrit le fruit, et du clocher du bourg, sur l'aile du silence, un son s'élève et fuit. Clartés du ciel, ô voix de l'heure, ombrage sombre, tranquille vétusté de ces lieux, liguez-vous pour assaillir en nombre mon...


Citation n°3 de Remy de GOURMONT (Esthétique de la langue française : la déformation, la métaphore, le cliché, le vers libre, le vers )

...règles d'une faculté que nous ne connaissons que par ses résultats. Ne portant que sur les différences, nos règles sont nécessairement caduques ; nous comparons infatigablement l'orange nouvelle au fruit de l'an passé et nous sommes portés à condamner comme incongrue celle qui est encore à moitié verte et qui agace les dents. Mais l'homme spontané, peuple ou poète, a d'autres goûts que les...


Citation n°4 de Remy de GOURMONT (Esthétique de la langue française : la déformation, la métaphore, le cliché, le vers libre, le vers )

...cette même idée, cette même sensation, cette même émotion. Il faut une grande force de réaction personnelle, une grande énergie cellulaire pour résister à la douce facilité d'ouvrir la main sous le fruit qui tombe : il est si agréable et si naturel à l'homme de se nourrir du jardin qu'il n'a bêché, ni semé, ni planté. Les écrivains enclins à cette paresse, et ce ne sont pas toujours ceux de la...


Citation n°5 de René BOYLESVE (La Leçon d'amour dans un parc)

...madame, du délicat sentiment que vous évoquez ; je dis seulement que les oeillères que l'on met aux filles, pour les garantir, ne font que les émoustiller davantage, en leur inspirant le désir du fruit défendu, qui de tout temps exerça un grand attrait sur l'animal pensant. C'est leur déformer la figure véritable des choses qu'elles auront tant de mal, après, à remettre au point, puisque aussi...


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